Justice et Climat : Le Consommateur Éclairé, Pilier de la Transition
- agardbusiness
- 6 janv.
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Dernière mise à jour : 7 janv.
Key worlds: Peut-on réellement parler de justice climatique lorsque l'on constate des inégalités flagrantes? Droits humains et les Droits de la nature sont au cœur d’un combat mondial qui nécessite une mobilisation sans précédent.

Peut-on réellement parler de justice climatique lorsque l'on constate des inégalités flagrantes dans l'accès aux plaisirs polluants, alors même que l'ensemble de la population mondiale en subit les conséquences ? Ce phénomène est-il limité à une échelle régionale ou s'étend-il à une dimension globale ? Et surtout, quelles solutions concrètes peuvent être envisagées pour y remédier ?
Pour aborder ces questions, il est essentiel de s'appuyer sur un cadre d'analyse rigoureux. L'atténuation du changement climatique, ainsi que ses impacts, repose sur des mécanismes de répartition. Ces mécanismes mettent en lumière des inégalités dans la distribution des coûts et des bénéfices, qui se manifestent sous trois aspects principaux :
Internationale – La justice entre États.
Intergénérationnelle – La justice entre les générations.
Intragénérationnelle – La justice entre les groupes sociaux, basée sur des déterminants socioéconomiques, raciaux et de genre.
Malgré leur caractère évident, ces inégalités sont souvent sous-estimées, alors qu'elles jouent un rôle déterminant dans les dynamiques climatiques. Les droits de l’Homme n’ont jamais été aussi bafoués qu’à notre époque, à l’ère de la mondialisation. Ces droits, pourtant universels et fondamentaux, devraient constituer une base incontournable pour analyser les contradictions inhérentes à la justice climatique. Deux principes essentiels des droits de l’Homme mettent en lumière cette nécessité :
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."
"Ces droits fondamentaux s’appliquent à tous, sans distinction de race, de genre, de langue, de religion, d’opinions politiques ou autres, d’origine ethnique ou sociale, de richesse, de naissance ou de toute autre condition."
Ces principes universels rappellent que toute injustice climatique, en exacerbant les inégalités, constitue également une violation des droits de l’Homme. Pourtant, la réalité actuelle s’oppose à ces idéaux. Les effets de la crise climatique se manifestent simultanément à différents niveaux, notamment :
Un phénomène mondial : La crise climatique touche chaque individu, créant un lien universel et une solidarité face à un destin commun. Cette réalité pourrait servir de catalyseur pour une prise de conscience collective et une action concertée en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Une expérience inégale : Les impacts du changement climatique ne se manifestent pas de manière uniforme. Cette disparité renforce les inégalités et exacerbe les hiérarchies déjà existantes, laissant les populations les plus vulnérables supporter le poids des conséquences les plus graves.
Cette tension transparaît également dans le préambule de l’Accord de Paris, qui définit le changement climatique comme une « préoccupation commune de l’humanité », tout en intégrant les principes d’équité et de responsabilités communes, mais différenciées. Cependant, la logique distributive, qui confère à certaines personnes l’accès à des droits perçus comme des privilèges, reste implicite. Cela contribue à creuser un fossé dans l’égalité d’accès aux droits fondamentaux, renforçant ainsi les inégalités au sein de la communauté mondiale.
La complexité de la notion de justice climatique
La justice climatique est un concept large et multidimensionnel, englobant la justice sociale, la démocratie, les transitions justes, la justice procédurale et participative, ainsi que les droits individuels et collectifs, la durabilité écologique et la justice environnementale. Elle constitue aujourd’hui un cri de ralliement pour de nombreux acteurs de la société civile, mobilisés pour un avenir équitable et durable. Bien que l’espace ici ne permette pas d’explorer en détail l’ensemble de la riche littérature sur le sujet, trois dimensions clés émergent des appels à la justice climatique : Justice internationale (Entre les États), Justice intergénérationnelle (entre les générations actuelles et futures), Justice intragénérationnelle (Entre les groupes sociaux au sein d’une même génération).
Ces dimensions offrent un cadre essentiel pour comprendre et répondre aux tensions entre la quête de justice et les défis climatiques auxquels nous sommes confrontés. Elles appellent à des réponses systémiques et inclusives pour construire une société qui respecte à la fois les droits humains et les limites planétaires.
Justice intergénérationnelle : concept que repose sur l’idée que les générations actuelles ont une responsabilité morale envers celles qui leur succèderont. Contrairement à la justice internationale, qui souligne les inégalités spatiales, la justice intergénérationnelle se concentre sur les dimensions temporelles des inégalités climatiques. Cette injustice découle de la nature unidirectionnelle du temps : les actions des générations présentes influencent le futur, mais les générations futures ne peuvent pas agir sur le passé. En poursuivant la production de gaz à effet de serre et en ignorant les infrastructures pour lutter contre les changements climatiques, nous compromettons la qualité de vie et les perspectives des générations futures.
La notion de budget carbone illustre bien ce défi : la Terre ne peut pas absorber indéfiniment le carbone sans déstabiliser son système climatique. En dépassant ce budget, nous compromettons non seulement la stabilité climatique, mais augmentons également le risque de franchir des points de basculement irréversibles. Les cadres juridiques internationaux, comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et l’Accord de Paris, mettent l’accent sur l’importance de l’équité intergénérationnelle. Cependant, les prévisions actuelles laissent présager un réchauffement de 4 °C d’ici 2100, rendant l’objectif de 1,5 °C presque irréalisable. Cette inaction menace les droits fondamentaux des générations futures, y compris le droit à la vie et à un environnement stable.
Justice intragénérationnelle : explore les inégalités au sein d’une même génération, non seulement à l’échelle mondiale, mais aussi au sein d’un même pays. Par exemple, entre les jeunes aspirant à une mobilité internationale et ceux contraints par des considérations économiques ou sociales.
Les inégalités sont, par ailleurs, frappantes :
Les 10 % les plus riches du monde sont responsables de 45 % des émissions mondiales, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en produisent que 13 %.
Le 1 % le plus riche à lui seul génère 17 % des émissions mondiales.
Entre les pays du Nord et du Sud : Les nations du Nord, historiquement responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre, disposent de moyens technologiques et financiers bien supérieurs pour faire face aux impacts climatiques, tandis que les pays du Sud, souvent moins émetteurs, subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement.
Au sein des sociétés : Les populations les plus vulnérables, notamment les communautés pauvres, les minorités ethniques et les peuples autochtones, sont souvent les premières affectées par les phénomènes climatiques extrêmes, malgré leur contribution négligeable aux émissions globales.
Sur le plan intergénérationnel : Les générations futures devront faire face à des défis climatiques exacerbés, résultant des actions ou de l’inaction des générations actuelles.
Dans l’accès aux ressources : Les ressources essentielles, comme l’eau et la terre arable, se raréfient et sont souvent accaparées par les plus puissants, renforçant les inégalités sociales et économiques.
Ce phénomène aggrave les inégalités systémiques et renforce les cycles de pauvreté. Ces disparités mettent en évidence l’urgence de repenser les mécanismes de gouvernance climatique pour intégrer des principes de justice et d’équité à toutes les échelles.
Justice internationale et justice climatique
La dimension internationale de la justice climatique révèle deux injustices majeures dans les relations entre les États :
Les asymétries dans les émissions historiques et contemporaines : Ces disparités ont des implications directes sur l'atténuation du changement climatique.
Les obligations contemporaines de réparations : Elles concernent les responsabilités de compenser les impacts inégaux de la pollution mondiale, avec des conséquences sur l’adaptation au climat ainsi que sur les pertes et dommages.
Le « Nord global » porte une responsabilité historique significative dans la crise climatique. Sur une base cumulative, 53 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1850 proviennent des États-Unis, de l'Union européenne et du Japon (environ 11,2 % de la population mondiale), une contribution disproportionnée par rapport à leur part de la population mondiale.
Au cours des dernières décennies, divers efforts ont été entrepris pour clarifier les responsabilités climatiques à travers des concepts tels que les « parts équitables » et des calculs visant à attribuer à chaque pays sa juste contribution aux réductions globales des émissions. Jason Hickel, par exemple, s’appuie sur le consensus scientifique concernant une concentration atmosphérique cible de dioxyde de carbone (350 ppm) pour définir un budget carbone mondial fondé sur le principe de « l’égalité d’accès des citoyens aux biens communs de l’atmosphère ». En comparant cet idéal aux émissions réelles des États, Hickel révèle qu’en 2015, plus de 90 % des émissions excédentaires par rapport au seuil de 350 ppm provenaient des pays du Nord. Cette analyse met en lumière les responsabilités historiques des nations industrialisées et souligne l’urgence d’une intervention corrective.
En vertu du principe de « dette écologique », les nations développées doivent prendre la charge principale de la réduction des émissions. Cette obligation implique non seulement des efforts accrus pour diminuer leur propre empreinte carbone, mais aussi un soutien renforcé aux pays en développement pour les aider à s’adapter et à atténuer les effets du changement climatique. Cette approche est essentielle pour garantir une transition juste et équitable à l’échelle mondiale.
Une dette écologique et le cadre de la décroissance
Cette dette écologique s’inscrit dans une logique profondément enracinée dans les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, économiste et mathématicien précurseur de la décroissance. Dès 1971, bien que sans utiliser explicitement le terme, il a démontré l’absurdité d’un développement infini sur une planète aux ressources finies. Ses théories sur l’épuisement des ressources et les limites des cycles économiques ont jeté les bases d’un mouvement qui résonne particulièrement à notre époque, alors que plusieurs seuils environnementaux critiques ont été franchis. Dans ce contexte, l’idée avancée par Neumayer prend une importance significative : « Les nations aisées ne doivent pas seulement diminuer leurs émissions, mais également soutenir financièrement la transition énergétique des pays les moins fortunés ». Ce principe va au-delà des simples réductions d’émissions, en appelant à un effort collectif et global pour réorienter nos priorités.
Cela implique des changements profonds, notamment dans les sociétés les plus développées, où la consommation excessive – des vacances fréquentes aux brunchs hebdomadaires en passant par les achats compulsifs – illustre un mode de vie intensif en ressources. Ces plaisirs, souvent perçus comme anodins, ont un impact direct sur les pays du Sud. Les inégalités globales se reflètent, par exemple, dans la transformation de régions frappées par la misère économique en destinations touristiques pour les pays du Nord, une dynamique révélatrice des injustices systémiques.
Le véritable défi réside dans la capacité des pays riches à accepter une diminution mesurée de leur niveau de vie, afin de permettre un rééquilibrage économique et écologique mondial. Cette transformation n’est pas uniquement un impératif pour réduire les impacts climatiques. Elle incarne également une vision d’un monde plus juste et équitable, où les droits humains et environnementaux ne sont plus sacrifiés au profit d’un développement effréné. Il s’agit d’une opportunité de redéfinir notre relation avec la planète et avec les autres sociétés, dans un esprit de solidarité et de responsabilité collective.
Les asymétries contemporaines et l’impact inégal de la crise climatique
Les asymétries historiques dans les émissions de gaz à effet de serre se reflètent encore aujourd’hui dans le profil des émissions contemporaines. En effet, la moitié la plus aisée des nations (celles à revenu élevé et intermédiaire supérieur) est responsable de 86 % des émissions mondiales de CO2, tandis que la moitié la moins favorisée (celles à revenu faible et intermédiaire inférieur) n’en compte que 14 %. Cependant, ce schéma est nuancé par la croissance rapide des émissions dans certains pays à revenu intermédiaire et faible, comme la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde.
Les impacts climatiques ne sont pas distribués équitablement. Ils touchent plus durement les pays les plus pauvres, soit ceux qui ont le moins contribué à la crise et qui disposent des ressources les plus limitées pour s’adapter. La transition vers un modèle respectueux de l’environnement exige un investissement considérable, mais cet effort est vain sans une transformation profonde de nos modes de vie. Comparons cela à une baignoire : vider l’eau à l’aide d’une casserole tout en laissant le robinet ouvert revient à réduire les effets négatifs de manière symbolique sans en résoudre la cause profonde.
Trois facteurs contemporains expliquent cette inégalité :
La localisation géographique : De nombreux pays du Sud se trouvent dans des régions vulnérables, telles que les zones côtières, insulaires ou désertiques.
La dépendance économique à l’agriculture : Cette activité est particulièrement sensible aux aléas climatiques.
La capacité d’adaptation restreinte : Les pays en développement ont souvent des ressources financières et infrastructures limitées pour faire face aux défis climatiques.
Des inégalités historiques, géographiques et systémiques ont conduit à des appels pour que les pays du Nord financent non seulement la réduction des émissions, mais aussi les infrastructures d’adaptation et compensent les pertes et dommages climatiques subis par les pays du Sud. L’Accord de Paris reconnait cette nécessité, mais les efforts restent insuffisants.
Diplomatie climatique
L'approche des trois dimensions évoquées est intrinsèquement mondiale et ne peut être traitée exclusivement à l’intérieur des frontières nationales. Les nations du Nord, en particulier, doivent reconnaître leur rôle historique dans la crise climatique et assumer une responsabilité géopolitique et diplomatique accrue. Les droits humains, en tant que cadre moral et juridique universel, constituent un levier essentiel pour promouvoir la justice climatique. Cependant, leur application nécessite une adaptation pour inclure explicitement les enjeux de redistribution, qu'il s'agisse de ressources, de responsabilités ou de moyens d'atténuation et d'adaptation aux impacts climatiques. Enfin, une humilité urgente est nécessaire pour aligner la politique climatique mondiale sur les exigences scientifiques, car l’échec à agir menace non seulement les droits actuels, mais aussi les droits fondamentaux des générations futures.
Dans un monde où les pourparlers internationaux sont ardus, une diplomatie climatique vigoureuse est essentielle. L’Europe, bien qu’ayant des aspirations écologiques, fait l’objet de reproches pour ses actions antérieures. Cependant, les priorités actuelles exigent :
Une reconnaissance de la responsabilité historique des pays développés.
Un engagement envers des solutions inclusives et collaboratives.
Une opportunité pour repenser nos priorités
Les défis actuels offrent l’opportunité de réaffirmer la primauté des droits humains et de la protection de la planète. Pour cela, il faut :
Mobiliser les efforts à tous les niveaux, locaux et internationaux.
Réaligner les objectifs économiques sur les impératifs environnementaux.
Intégrer des principes de justice et de durabilité dans chaque décision politique.
En bâtissant un cadre mondial axé sur les droits humains et environnemental, nous pourrons non seulement atténuer les crises actuelles, mais aussi garantir un avenir viable pour tous.
L’arme que représente le devoir de diligence
Le devoir de vigilance est une obligation légale imposée aux grandes entreprises pour prévenir et remédier aux risques sociaux, environnementaux et de gouvernance associée à leurs activités, ainsi qu'à celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Ce concept vise à renforcer la responsabilité des entreprises dans un contexte de mondialisation, où des chaines d'approvisionnement complexes peuvent entrainer des violations des droits humains ou des dégradations environnementales.
En France, la loi du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre n’a pas encore atteint son plein potentiel. Ce texte impose aux grandes entreprises un cadre clair pour identifier et gérer les impacts potentiels de leurs activités.
Les entreprises françaises employant plus de 5000 personnes, ainsi que leurs filiales et celles employant plus de 1000 personnes à l’échelle mondiale, ont rapidement trouvé un moyen légal de se soustraire aux exigences imposées. Certaines multinationales ont externalisé ou délocalisé leurs activités pour éviter les normes, tandis que d’autres ont invoqué la complexité de maintenir une transparence totale sur leurs chaines d’approvisionnement. Les entreprises à faibles marges estiment que ces exigences menacent leur compétitivité internationale.
En effet, le devoir de vigilance exige :
L’identification des risques : violations des droits humains, conditions de travail abusives et dégradations environnementales.
La réduction des impacts négatifs : pollution, destruction de la biodiversité et abus liés aux chaînes d'approvisionnement.
La responsabilisation des multinationales, avec des obligations concrètes : une cartographie des risques, des mesures préventives, la mise en place de mécanismes d’alerte pour signaler les manquements, ainsi que le suivi et l’évaluation des dispositifs pour en garantir l’efficacité.
Cependant, les menacer de poursuites reste une contrainte limitée. En pratique, la lenteur de la justice et le manque de ressources dans les pays les plus touchés – souvent les plus pauvres – rendent les procès rares et peu efficaces. Face à cette réalité, les consommateurs des pays du Nord détiennent un levier puissant : leur pouvoir de choix. Ils peuvent décider quelles entreprises méritent ou non leur soutien. Ce pouvoir citoyen, trop souvent sous-estimé, est sans doute le plus révolutionnaire parmi tous les acteurs de ce changement.
Il est indéniable que la loi française sur le devoir de vigilance constitue un modèle précurseur qu’il faut soutenir et promouvoir à l’échelle internationale. Elle a d’ailleurs inspiré des initiatives similaires dans d’autres pays ainsi que des propositions de directives européennes sur la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises. Bien que certains tentent de freiner son développement en évoquant les « défis » qu’elle soulève, le changement, bien qu’il puisse être douloureux, est nécessaire et, sans aucun doute, positif.
Il est impératif d’étendre et d’harmoniser ces normes à l’échelle mondiale afin de garantir l’équité entre les acteurs économiques et d’assurer le respect des droits humains et de la nature partout dans le monde.
Une époque de menaces pour les droits humains et l’environnement

Les droits humains et les droits de la nature se trouvent aujourd’hui à une véritable croisée des chemins. Alors que les crises environnementales et sociales appellent des réponses coordonnées et audacieuses, certaines dynamiques politiques et économiques exacerbent ces menaces.
Sous l’administration Trump, une série de mesures ont illustré une tendance à privilégier les intérêts économiques nationaux au détriment des engagements internationaux. Parmi ces actions figurent le retrait de l’Accord de Paris et le désengagement réglementaire dans plusieurs domaines. Par ailleurs, les accords commerciaux multilatéraux, bien qu’apparaissant comme des outils de coopération internationale, renferment souvent des clauses qui affaiblissent les réglementations nationales. Un exemple frappant est le mécanisme ISDS (Investisseur-État), qui permet aux entreprises de poursuivre des gouvernements lorsque des lois nationales – telles que celles protégeant les forêts ou les droits des travailleurs – nuisent à leurs profits. Ce dispositif crée une pression dissuasive sur les États, les incitant à affaiblir leurs normes pour éviter des sanctions financières.
Ces dynamiques favorisent les grandes corporations au détriment des petits producteurs, des ouvriers et des groupes marginalisés. Elles accentuent ainsi les disparités socio-économiques et écologiques, tout en révélant la faiblesse des gouvernements face à l’influence des multinationales et des lobbys transnationaux.
Pour contrer cette réalité, des pistes se présentant à nous :
Étendre et uniformiser les normes internationales : en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Prioriser la justice climatique : réaffirmer les engagements envers l’Accord de Paris et protéger les communautés vulnérables.
Repenser les règles du commerce : intégrer des normes strictes sur les droits humains et environnementales dans les accords multilatéraux, et réformer ou supprimer les mécanismes ISDS.
Boycott social : utiliser le pouvoir du consommateur comme thermomètre social des décisions des acteurs économiques. Lorsque l’État perd de son influence, que les lobbys prennent le contrôle, et que les grandes entreprises deviennent les seules gagnantes des luttes visant à exploiter ou détruire le vivant, les consommateurs peuvent agir. En cessant d’acheter certaines marques ou produits, ils ont le pouvoir de ne plus soutenir le développement de ces entreprises. Toutefois, cette démarche dépend d’un préalable crucial : la disponibilité d’informations fiables et transparentes. C’est là que se trouve l’importance des actions menées par les lobbys écologistes.
Le réchauffement climatique est un multiplicateur de crises. La raréfaction des ressources vitales (eau, nourriture), couplée à des phénomènes climatiques extrêmes, intensifie les conflits et provoque des déplacements de populations. Ces crises sont déjà présentes, mais elles devront être anticipées dans un avenir rapproché, compte tenu des tensions géopolitiques et économiques. L’année 2026 2027 pour la France et mérite qu’on y porte une attention particulière. Depuis l’industrialisation, l’accès inégal à l’énergie a engendré des rivalités internationales. La transition énergétique, en réduisant la dépendance aux énergies fossiles, pourrait atténuer ces tensions géopolitiques. La diplomatie doit être un, voir le levier central pour établir un équilibre entre les impératifs économiques, écologiques et humanitaires.
Les défis actuels concernant les droits de l’homme et de l’environnement peuvent servir de catalyseur pour revoir nos objectifs mondiaux :
Renforcer les accords internationaux : une mobilisation collective est nécessaire pour établir un système équitable.
Aligner les objectifs économiques et écologiques : l’humanité doit privilégier des solutions durables et inclusives.
En définitive, les droits humains et les droits de la nature sont au cœur d’un combat mondial qui nécessite une mobilisation sans précédent. Face aux crises climatiques et sociales qui se multiplient, il est impératif d’agir de manière coordonnée et ambitieuse. Les défis liés à la transition énergétique, à la justice climatique et à la régulation des multinationales offrent une opportunité unique de repenser nos modèles économiques et sociaux. La solution réside dans une diplomatie audacieuse, une refonte des règles commerciales internationales et une responsabilisation accrue des entreprises. Mais au-delà des institutions, c’est aussi aux citoyens de jouer un rôle central, en s’appuyant sur des informations transparentes pour orienter leurs choix de consommation et influencer les pratiques des acteurs économiques.
En conjuguant efforts étatiques, initiatives internationales et mobilisation citoyenne, l’humanité peut transformer ces défis en catalyseurs de progrès, en établissant un équilibre durable entre prospérité économique, protection des droits humains et préservation de l’environnement. Plus que jamais, il s’agit de construire un avenir où les droits de l’homme et ceux de la planète ne sont plus en opposition, mais en parfaite harmonie.

Autor : Julia Agard©
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